Thomas Spok et compagnie

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The Hill We Climb, Amanda Gorman, traduction

The Hill We Climb, Amanda Gorman


La poétesse et militante Amanda Gorman, âgée d'une vingtaine d'années, a été choisie pour déclamer un poème le 20 janvier 2021, à l'occasion de l'investiture de Joe Biden, 46ème président des États-Unis. C'est Jill Biden qui a contacté Amanda Gorman, lui permettant de devenir la plus jeune poétesse à contribuer à cette cérémonie.

Le poème a été conçu en partie en réaction à l'assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump, le 6 janvier 2021, mais Amanda Gorman a déclaré avoir commencé à l'écrire en s'inspirant de poèmes des investitures passées, dont Robert Frost, mais aussi des orateurs tels que Martin Luther King.

De façon logique, le poème mélange les références à l'histoire des États-Unis, dans ses aspects lumineux et sombres (Révolution américaine, esclavage...), y intégrant des allusions bibliques qui donnent parfois l'impression d'un véritable sermon. La poétesse insiste sur la responsabilité devant l'histoire et l'espoir en l'avenir, filant l'image d'une nouvelle aube de réconciliation et de lutte positive (ce qui n'est pas sans rappeler un texte phare de la culture anglo-saxonne comme Do Not Go Gentle Into That Good Night de Dylan Thomas). En somme, le poème réaffirme le rêve américain, dans une perspective démocrate.

Amanda Gorman, poème à l'investiture de Joe Biden.
Amanda Gorman déclamant son poème lors de la cérémonie d'investiture de Joe Biden.

Le Malade imaginaire, comédie-ballet de Molière

Le Malade imaginaire : comment faire danser au théâtre ?


Le Malade imaginaire par Moreau le Jeune
Le Malade imaginaire illustré par Moreau le Jeune, XVIIIème siècle. Détail. Source gallica.bnf.fr.

Un spectacle musical pour divertir Louis XIV

Au début de son règne, le jeune Louis XIV et sa cour ont l'esprit aux amours et aux fêtes qui durent parfois plusieurs jours, et dont les récits élogieux contribuent à la propagande royale. Auteurs et musiciens se mettent naturellement au service du roi, de grands spectacles sont organisés qui bénéficient de lieux prestigieux : palais et parcs immenses qui servent de décor à de grands feux d'artifice et permettent l'installation de machineries.

La mode de la comédie-ballet

Molière bénéficie alors de la faveur du roi, qui lui impose parfois des thèmes et influence le dramaturge dans la conception de ses pièces. 

Or le roi aime danser... C'est pour Louis XIV que Molière crée la première comédie-ballet, Les Fâcheux (1661), avec l'aide du compositeur Lully. Comme l'auteur ne dispose pas d'assez de danseurs parmi ses comédiens, le ballet en tant que tel a lieu à la suite de la pièce, avec des danseurs supplémentaires.

Un ballet a pour principe de raconter une histoire grâce à une chorégraphie. Pour que le spectacle soit total, Molière collabore avec des chorégraphes, des machinistes et des musiciens qui plaisent au roi et à la cour, comme Lully.

Le succès des Fâcheux et les goûts de la cour, ainsi que du public en général conduisirent Molière à proposer différents types de pièces musicales, pastorale, opéra-comique, pièce à machines... L'une des plus importantes est la comédie-ballet Le Bourgeois gentilhomme (1670), en collaboration avec Lully : le ballet est aussi long que la comédie et met notamment en scène de faux Turcs, à peu près un an après que Louis XIV a reçu un ambassadeur de l'Empire ottoman.

Le valeureux guerrier gaulois, ancêtre du rugbyman moderne ?

Le guerrier gaulois, un professionnel de la guerre

Préambule

« L'appareil et le vacarme de l'armée gauloise épouvantaient les Romains. Car la quantité des buccins et des fanfares étaient incalculable et il s’y ajoutait une si vaste et si forte clameur de toute cette armée poussant en chœur son chant de guerre que non seulement les instruments et les soldats, mais encore les lieux environnants qui en répercutaient l’écho paraissaient donner de la voix ; effrayants aussi étaient l’aspect et le mouvement de ces hommes nus du premier rang, remarquables par l’éclat de leur vigueur et de leur beauté. Tous ceux des premières lignes étaient parés de colliers et de bracelets d’or. » 
Selon Polybe citant l’historien latin Fabius Pictor [1]

Les préjugés ont la vie dure à propos de nos chers Gaulois ! Malgré un travail de réhabilitation récent, comme le très bon livre Jean-Louis BRUNAUX : Nos ancêtres les Gaulois [2], c’est contre tout un imaginaire qu’il faut lutter. Des livres d’Histoire aux Bandes dessinées, les habitants de la Gaule n’ont pas une image très glorieuse : petits villages vivant de la chasse et de cueillette, aucune culture écrite, retard technologique...

Bref un mode de vie qui semble renvoyer à la préhistoire, surtout lorsqu’on les compare à leurs célèbres envahisseurs : les Romains. Ceux-ci sont dignes d’être admirés : armée disciplinée, cheveux bien coupés, barbe rasée, et surtout victorieux par Belenos ! C’est même là que le bât blesse : notre connaissance des Gaulois est passée presque entièrement à travers le filtre des auteurs latins (César en premier ligne) : rien d'objectif donc.

Les guerriers gaulois n’ont en réalité aucune honte à avoir face à leurs ennemis latins. Mieux, leur entraînement et leur organisation ressemble étrangement aux illustres spartiates, modèles de guerriers antiques en jupette. Dans une perspective évidemment anachronique, on pourra trouver de nombreux points communs entre les farouches guerriers gaulois et les rugbymen actuels ! Intéressés ?

Gaulois en reconstitution
Reconstitution historique de guerriers gaulois dont on voit qu'ils maîtrisaient parfaitement le fer. Crédit Photo : AHVAE - LES ORATELLI