Thomas Spok et compagnie

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Un long voyage de Claire Duvivier

Un long voyage, la langue comme patrie ?


Liminaire

Quelle langue nous peuple, quelle langue peuplons-nous ?
C'est avec de telles questions que je commence la lecture du roman de Claire Duvivier, qui rejoint le petit cercle des Forgerons, soit les auteurs des éditions Aux Forges de Vulcain (dont je fais partie, pour tout dire, donc n'attendez pas ici d'objectivité...).

Comme il n'est pas question que je divulgâche l'intrigue, pour ainsi dire, je me contenterai sagement d'évoquer à grands traits le premier chapitre dans les lignes qui suivent, pour ce qui ne saurait être de ma part,  évidemment, qu'une invitation au voyage...

Couverture par Elena Vieillard.

La tour noire de Yeats, poème

The Black Tower de Yeats, traduction et analyse


Liminaire

"The Black Tower" ("La tour noire") est l'ultime poème du grand poète irlandais William Butler Yeats, prix Nobel de littérature en 1923 (décidément, le Nobel aime la poésie irlandaise !) et figure du nationalisme irlandais.

Il y travaille jusque dans ses derniers jours : le manuscrit (onze feuilles) est daté du 21 janvier 1939, Yeats meurt le 28. Il aurait même apporté des corrections au texte le jour de sa mort. Conscient que la mort approche, il a inclus le poème dans la table des matières de son recueil Last Poems et, même s'il n'en fait pas le poème de conclusion, il est tentant d'y lire, non pas un testament, mais quelque chose comme la synthèse d'une poétique et d'une vie.


La tour de Merlin est exposée aux intempéries dans le dessin animé de 1963
Dans Merlin L'Enchanteur (1963), dessin animé de Disney, le prophète Merlin est relégué dans une tour en ruines.

Il ne m'est pas indifférent que "The Black Tower", sombre et énigmatique, soit lié au mythe arthurien. J'en donne ici le texte anglais, suivi d'une traduction personnelle (en amateur) puis de celle de Jean-Yves Masson pour Verdier [1].

Le Dernier Samouraï et l’occidentalisation du Japon

La vraie fin des samouraïs

Préambule

Un Tom Cruise en cosplay samouraï qui virevolte et trucide un sabre dans chaque main [1] : ça c'est bien Hollywood ! Sorti en 2003 dans les salles obscures, Le Dernier Samouraï est un film historique américano-japonais réalisé par E. Zwick. Bien que majoritairement tourné en Nouvelle-Zélande, le film réussit à nous plonger dans le début de l’ère Meiji (1868) qui a vu l’ouverture du Japon sur le monde après des siècles d’isolation volontaire : les katanas sont petit à petit remplacés par les fusils.

Voici le synopsis (pour les petits malins au fond qui n’ont pas vu le film !) : Tom Cruise joue le rôle d’un soldat américain traumatisé par les massacres d’indigènes aux États-Unis. Alcoolique, il accepte de rejoindre le Japon pour entraîner les troupes de l’empereur à l’occidentale. Après moult péripéties, il rejoint le camp d’un rebelle japonais qui refuse l’occidentalisation du Japon : le merveilleux Katsumoto. Nous n’allons pas dévoiler la fin mais ça se finit « à la japonaise » [2]

Le temple Engyô-ji a servi de décor pour Le Dernier Samouraï
Le mythique temple Engyô-ji est l'un des seuls lieux de tournages japonais du film. Il est situé sur une petite montagne à côté d'Himeji (visitable par les touristes).

Historiquement, aucun américain n’a jamais connu de près ou de loin la vie du personnage de Tom Cruise... À l’inverse, un français nommé Jules Brunet semble avoir vécu, lui, une expérience comparable ! Il ne faut donc pas prendre le film pour argent comptant mais il est tout de même fondé sur des faits réels. Quoi qu'on pense du film, celui-ci titille notre intellect :

Quelles sont les origines historiques du scénario du film ? Pourquoi et comment les Japonais ont-ils ouvert leur pays à l’occident ? Comment ont-ils modernisé leur armée ? Le rôle des Français a-t-il été volé par les Américains ?