Thomas Spok et compagnie

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Alexis Bacci, l'ultime entretien - les influences

Alexis Bacci, entretien sur ses influences créatives

Alexis Bacci, scénariste et dessinateur de BD (Lastman Stories avec Bastien Vivès, Captain DeathAkasake) partage aujourd'hui avec nous le délicat processus de conception d'un paysage mental créatif... 

Oui, bon, ça va, c'est un prétexte pour se faire plaisir et causer dessins animés, jeux vidéos, ciné et hip-hop... entre autres. Ou comment tomber dans la bande dessinée quand on est tout petit.

Alexis Bacci enfant
Le petit Alexis Bacci en plein travail de recherche, quand il avait encore tous ses cheveux.

Le désamour de Paul Claudel

Découvrir les oeuvres de Paul Claudel

Il est certaines figures littéraires qui ne trouveront jamais leur place dans un monde partial et binaire. Tantôt adorées par un petit nombre, tantôt haïes par la majorité, ces légendes de la plume ne sont pourtant jamais oubliées. Elles font partie de cette caste flatteuse mais désastreuse des écrivains que l’on juge ambivalents, incompréhensibles, bref hermétiques parce que trop subtils.

Nombreux sont ceux par exemple qui rejettent Paul Claudel, ce poète, dramaturge, et écrivain du XXe siècle, dont on a toujours préféré conter l’histoire personnelle plutôt que l’histoire littéraire. Cruel Claudel qui enfermât sa sœur, Camille, la féministe, la maudite, la véritable génie de la famille, l’amante du grand Rodin ! Qu’il brûle en enfer, ce catholique qui n’en a que l’apparence, sans foi ni loi, baignant dans la diplomatie et la politique houleuse d’une République colonialiste !

Buste de Camille Claudel aux cheveux courts / Paul Claudel
Paul Claudel enlaçant le Buste de Camille Claudel aux cheveux courts par Auguste Rodin. (Anonyme)

Qu’ils soient catholiques ou athées, monarchistes ou républicains, tous se mettent d’accord pour dédaigner l’œuvre de Claudel, et l’homme lui-même. Pire, le désamour continue de nos jours. Qui a véritablement lu Paul Claudel ? Peut-être avons-nous vaguement survolé cette pièce interminable du Soulier de Satin, parce que fut un temps, à l’école, nous étions encore obligés de lire une œuvre qui faisait plus de cent pages. Mais l’histoire s’arrête là.

Kirinyaga, une utopie africaine (ft. Platon)

Kirinyaga de Mike Resnick

Lorsque nous pensons à une cité ou à un État "idéal", nous lui donnons telles ou telles caractéristiques, mais rapidement nous en venons au fait que, décidément, celui-ci ne pourrait résolument exister "pour de vrai", attendu que son fonctionnement se heurterait de plein fouet à mille contraintes pratiques qu'il serait incapable de surmonter. Platon ne dit pas autre chose : la République qu'il propose ne peut pas exister physiquement, tout simplement parce qu'elle est une Idée qui peut seule rester sans peine éternellement identique à elle-même, comme immaculée de toute source de corruption (1). Mais il ne dit pas qu'il ne faut pas essayer de s'en approcher (2). C'est précisément le projet de Koriba le sorcier, personnage principal de l'excellent recueil de nouvelles Kirinyaga, de Mike Resnick.


Mike Resnick, Kirinyaga, science-fiction (nouvelles)
La couverture. Mike Resnick, Kirinyaga, Paris, Denoël, 2015.

Parce qu'un habile roman de science fiction nous offre souvent l'occasion immanquable de poser-là quelque réflexions philosophiques, il nous semble bien que celui-ci recèle en son intrigue une matière très abondante susceptible de servir notre petit bavardage qui, en l'espèce, gravitera autour de la question suivante : doit-on chercher à donner corps à une utopie et à la faire perdurer vaille que vaille ?