Thomas Spok et compagnie

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Comment écrire le viol selon Annie Ernaux

Le viol dans Mémoire de Fille d'Annie Ernaux


Cette entrée en matière est certes quelque peu abrupte, et c’est bien là le but d’un article, vous interpeller et vous donner envie d’aller plus loin et de découvrir ce qui se cache derrière un titre.... Toutefois, je vous ai vu hésiter un peu en terminant l’accroche « selon Annie Ernaux ». Cette auteure est loin de faire l’unanimité, du moins du côté des lecteurs, car la critique, elle, reste toujours dithyrambique. Pourquoi ? Eh bien, parce que ses livres, m’a-t-on dit, ne sont pas toujours passionnants voire même, je cite, « un peu chiants » selon certains.

Pour ma part, je dois vous avouer que je n’avais jamais lu Annie Ernaux jusqu’à ce que je débarque en Erasmus et que notre professeur de littérature française nous demande de choisir, parmi un programme de lecture, un livre qui raconte la honte. Dans la liste, il y avait Mémoire de fille, j’ai vite lu la quatrième de couverture et comme il était question de première fois avec un garçon, je me suis dit que cela pouvait être croustillant. Mal m’en a pris, j’allais assister à un viol littéraire.
 
La couverture de Mémoire de fille montre une jeune femme en noir et blanc
Couverture de l'édition folio/poche.

Alice au pays de la philosophie anti-platonicienne (ft. Deleuze)

Alice au pays des merveilles en philosophie

Tout le monde aime Alice au pays des merveilles. La célébration du conte de Lewis Carroll est même devenu un lieu commun de tous les demi-habiles. C'est, dit-on, un roman fait pour les enfants, aimé par les adultes.

Pour notre part, nous avouons, un peu honteux, que nous n'avons pas goûté un tel buffet d'absurdités et de non-sens. Les plats se succédaient trop rapidement, sans doute pas comme il faut, et notre lecture nous laissait dans des états tout à fait suspendus. Mais cela ne veut pas dire que nous n'y avons pas trouvé un certain intérêt un peu curieux devant une parole aussi inhabituelle, non pas que le texte soit particulièrement profond, c'est-à-dire qu'il cacherait en son sein comme une substance riche qu'il appartiendrait au lecteur attentif de découvrir, mais bien davantage parce ce que nous y trouvons en surface, c'est-à-dire la monstration d'un langage neuf, d'un langage en mouvement, qui semble assez inédit.

Cet intérêt pour le conte de Carroll, avouons-le d'emblée, nous ne faisons pour ainsi dire que l'emprunter à Gilles Deleuze, philosophe français iconique de feu l'université expérimentale de Vincennes. Dans Logique du sens, les aventures d'Alice - ainsi que tous ses paradoxes - sont l'objet d'un investissement proprement philosophique en tant qu'il y aurait en elles comme la manifestation d'une pensée authentiquement liée à un renversement de toute la philosophie occidentale, c'est-à-dire de la philosophie de tradition platonicienne. Rien que ça. Alors, peut-être cela vaut-il le coup de suivre le lapin blanc (et Deleuze).

À l'inévitable question qui vient immédiatement après la lecture d'Alice, c'est à dire « qu'est-ce que tout cela veut dire ? », nous substituons donc la question suivante :  « qu'est-ce qui est montré ? »

Le Sang de la Cité de Guillaume Chamanadjian

Le Sang de la Cité, une ode épique et fantastique

Alors que l'auteur Guillaume Chamanadjian a reçu le Prix Imaginaire 2021 de la 25e Heure du Livre pour son premier roman Le Sang de la Citérevenons sur cette œuvre singulière qui n’a rien à envier aux best-sellers américains du genre... et notamment par son ambition, puisqu'il s'agit en fait du premier volume d'une hexalogie de fantasy dont le deuxième roman, intitulé Citadins de demain, vient de sortir en librairie.

Je vous explique (et je divulgâche un tout petit peu !) :

Un projet éditorial titanesque

Il est d’abord important que vous compreniez l’ampleur de ce projet éditorial. Aux éditions Forges de Vulcain, on aime les défis ! Une hexalogie est un cycle composé de six tomes, mais la subtilité ici repose sur la division de ce cycle en deux parties de trois œuvres distinctes, écrites chacune par deux auteurs différents.

Le cycle est celui de « La Tour de Garde », un jeu énigmatique que l’on pratique dans les deux cités, Capitale du Sud et Capitale du Nord.

Au sein de ce cycle, Guillaume Chamanadjian écrira trois livres à propos de la Capitale du Sud, Gemina, tandis que Claire Duvivier écrira trois livres sur la Capitale du Nord, Dehaven. Le premier livre, Le Sang de la Cité, écrit par Guillaume, a introduit la trilogie concernant la capitale du Sud. Le deuxième livre, sorti le 1er octobre, Citadins de demain, introduit la trilogie sur la capitale du Nord. Vous suivez toujours ?

La tour de garde, Duvivier et Chamanadjian
La tour, symbole des frontières à franchir...