Thomas Spok et compagnie

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La mélodie d'amour et de mort du cornette Christoph Rilke, traduction

La mélodie d'amour et de mort du cornette Christoph Rilke, de Rainer Maria Rilke


Die Weise von Liebe und Tod des Cornets Christoph Rilke
Le Cavalier polonais, attribué à Rembrandt, 1655, Frick Collection, New York.

Une petite histoire de l'édition allemande


1899 : le poète Rainer Maria Rilke, alors âgé de vingt-trois ans, vit à Berlin, dans la "Villa Waldfrieden". Une nuit, il écrit un bref récit intitulé sobrement Der Cornet... et le met de côté. Il le révise une première fois en 1904 pour une parution dans un journal germanophone de Prague, le Deutsche Arbeit. Une version définitive est ensuite publiée en 1906 par l'éditeur et libraire Axel Juncker, sous le titre Die Weise von Liebe und Tod des Cornets Christoph Rilke : 300 exemplaires numérotés sont imprimés, qui ne trouveront guère de lecteurs.

C'est finalement le directeur des éditions Insel-Verlag, Anton Kippenberg qui, à partir de 1912, obtient les droits des œuvres de Rilke. Il paye notamment 400 marks pour Die Weise von Liebe und Tod des Cornets Christoph Rilke et choisit de faire du texte le premier de sa désormais célèbre collection Insel-Bücherei (Bibliothèque de l'Île), créée d'après une idée de Stefan Zweig, ami de Rilke [1].

Le bref récit sera ainsi publié le 23 mai 1912 au prix modeste de 50 pfennigs. En trois semaines, huit mille exemplaires sont vendus, contribuant à faire connaître la toute nouvelle collection et prenant par surprise Rilke lui-même : "Wer hätte das gedacht", "Qui l'aurait cru" écrit-il à son éditeur.

Arcane, série Netflix - personnages et avis d'une joueuse

Arcane, le pouvoir des femmes ?


Une série qui détrône Game of Thrones (rien que ça)

Qualifiée déjà de meilleure série de tous les temps, Arcane est devenue en quelques semaines un phénomène sur la plateforme Netflix puisqu’entre le 15 et le 21 novembre 2021 elle compte, à l’échelle mondiale, plus de 38 millions d'heures de visionnage. Que ce soit en France sur le site officiel d’AlloCiné [1] et à l'international sur IMDb (Internet Movie Database) [2] ou Metacritic [3], les spectateurs et la critique placent Arcane devant Game of Thrones, tout en haut du podium. Alors ce succès est-il surfait ? Pourquoi tant d’engouement ? Sur ce point, je pense qu’il y a déjà eu assez de billets chantant les louanges de la série.

Vi, Jynx, les personnages d'Arcane
Affiche officielle de la série Netflix.

Parmi ce palmarès des raisons qui ont fait le succès de cette production « made in France », il en est une qui m’intéresse particulièrement  : ses personnages fouillés. C’est en persévérant dans l’analyse de ces derniers que me sont apparues certaines dialectiques intéressantes à mettre en lumière, surtout passés l’éblouissement et le fanatisme des premiers visionnages.

D’aucun ne pourrait remettre en question la qualité et la beauté des images réalisées par le studio français Fortiche. Quant au scénario, malgré quelques moments cousus de fil blanc, il est assez haletant pour nous inciter au binge watching. Bien sûr, il ne faut pas oublier que le matériau originel est celui tiré du jeu vidéo League of Legends et donc que les contraintes scénaristiques existaient déjà préalablement à la série Arcane.

Mais avant toute chose, revenons sur le studio français Fortiche, pour une fois qu’on a une production française qui cartonne dans le monde entier, ce serait bête de se priver du « cocorico ».

Comment écrire le viol selon Annie Ernaux

Le viol dans Mémoire de Fille d'Annie Ernaux


Cette entrée en matière est certes quelque peu abrupte, et c’est bien là le but d’un article, vous interpeller et vous donner envie d’aller plus loin et de découvrir ce qui se cache derrière un titre.... Toutefois, je vous ai vu hésiter un peu en terminant l’accroche « selon Annie Ernaux ». Cette auteure est loin de faire l’unanimité, du moins du côté des lecteurs, car la critique, elle, reste toujours dithyrambique. Pourquoi ? Eh bien, parce que ses livres, m’a-t-on dit, ne sont pas toujours passionnants voire même, je cite, « un peu chiants » selon certains.

Pour ma part, je dois vous avouer que je n’avais jamais lu Annie Ernaux jusqu’à ce que je débarque en Erasmus et que notre professeur de littérature française nous demande de choisir, parmi un programme de lecture, un livre qui raconte la honte. Dans la liste, il y avait Mémoire de fille, j’ai vite lu la quatrième de couverture et comme il était question de première fois avec un garçon, je me suis dit que cela pouvait être croustillant. Mal m’en a pris, j’allais assister à un viol littéraire.
 
La couverture de Mémoire de fille montre une jeune femme en noir et blanc
Couverture de l'édition folio/poche.