2019

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À couteaux tirés, ou la catastrophique violation des trois lois

À couteaux tirés (Knives out), réalisé par Rian Johnson, avec Daniel Craig, Chris Evans, Ana de Armas est sorti le 27 novembre 2019. Il a été donné par beaucoup comme le polar de l'hiver 2019, voire de l'année, voire film du trimestre.

De quoi faire craquer l'auteur de ce billet, simple amateur de Sherlock Holmes et d'Agatha Christie, avec l'idée d'un bon polar à l'ancienne, au vu des critiques presse et spectateur dithyrambiques. Et pourtant...

Daniel Craig est cerné par des couteaux, "à la trône de fer" sur l'affiche d'à couteaux tirés
Si tu veux ta place sur le trône de fer, n'oublie pas ton gobelet Starbucks, ni ton donut d'ailleurs.

L’œil soldat de Larry Tremblay au pays des aveugles

L’œil soldat de Larry Tremblay


Histoire de l’œil gauche


Publié en 2019 aux éditions de La Peuplade, L’œil soldat est présenté comme un récit poétique par l'auteur lui-même. Il s'agit en tout cas d'un récit en vers, divisé en deux parties, Histoire de l’œil droit et Histoire de l’œil gauche, et cette dimension narrative de la poésie est un sujet que j'aborde régulièrement, d'écho en écho, en poursuivant ma réflexion sur le mythe.

Larry Tremblay revendique d'ailleurs l'influence de La prose du Transsibérien de Blaise Cendrars, où se mêlent récit et poésie et dont il cite les premiers vers en épigraphe.

Autre écho : j'en profite pour préciser que L’œil soldat m'a été recommandé par Hugues Robert de la libraire Charybde, qui a écrit ici sa propre note de lecture.

J'exposerai ici quelques remarques sur la première partie du récit seulement, Histoire de l’œil gauche, dans laquelle un garçon passe un pacte avec le diable pour devenir quelqu'un d'autre, d'un simple clignement d’œil, jusqu'à ce que le diable le piège dans "l’œil soldat". Mais que représente cet œil ? Une menace certaine, contenue par l'ajout du mot soldat qui reçoit une connotation négative qui se trouve tôt associée à l'actualité, à la violence et à Dieu :
En ce temps si proche
Dieu est partout
et personne ne l'assassine

Le genre policier en trois caractéristiques

Trois lois du genre policier

L'auteur de ce billet, en amateur gourmand du policier, et en particulier du roman à énigme et de ses déclinaisons sur le grand et petit écran, invite le lecteur à lever avec lui un pan du voile des raisons (pas si mystérieuses !) qui nous rendent le genre si attrayant. Voici donc trois petites lois, non de la robotique d'Asimov, mais du polar...

Première caractéristique, qui ?


Le whodunit (who done it) ou "qui l'a fait" désigne le sous-genre le plus fréquent du roman policier, de la nouvelle ou de la série télévisée criminels. Le but de l'investigateur est de deviner, parmi une liste de suspects prédéfinie, qui est l'abominable criminel (souvent vil assassin).

La mort d'Uther Pendragon

La mort du roi Uter Pandragon


Qui est le roi Uther Pendragon (ou Uter Pandragon) ?


Uther serait mentionné dans la poésie galloise dès le Xème siècle, mais c'est l'Historia Regum Britanniae (1136) de Geoffrey de Monmouth, évêque et historien gallois, qui le fait véritablement connaître comme un roi de Britannia et le père du fameux Arthur. Selon Monmouth, il aperçoit une comète en forme de dragon avant une bataille et adopte par conséquent l'épithète Pendragon une fois victorieux. Le gallois Pen Draig signifierait d'ailleurs "tête de dragon" et par extension, "chef de guerre".
Il est à remarquer que l'auteur médiéval Robert de Boron, plus tardif, fait d'abord d'Uter et de Pandragon deux personnages distincts. Ce sont des frères (Pandragon étant l'aîné), et des princes qui entrent en guerre pour reprendre leur trône à l'usurpateur Vertigier. Ce n'est qu'après la mort de Pandragon qu'Uter régnera à son tour sous le nom complet d'Uterpandragon, précisément parce que l'apparition d'un dragon sur un champ de bataille a annoncé sa victoire.
La graphie Uther Pendragon est plus fréquente et correspond davantage semble-t-il à la tradition anglaise, mais la forme Uter Pandragon est utilisée dans différentes éditions [1].

La mort d'Uther Pendragon dans Le Morte d'Arthur de Thomas Mallory
Illustration (1893) par Aubrey Beardsley d'une édition de Le Morte d'Arthur de Thomas Mallory (1485)

Différentes versions de la mort d'Uther


Les versions sont évidemment nombreuses. Pour Monmouth, Uther est un "roi mort-vivant" qui sera empoisonné par ses ennemis, les Saxons : mort honteuse, donc, qui appelle une future vengeance de la part d'Arthur.
Je ne me priverai pas de renvoyer, pour les amateurs de cinéma, à celle de John Boorman, dans Excalibur (1981), ni au duel final très vidéoludique du film de Guy Ritchie, King Arthur: Legend of the Sword (2017) : il s'agit dans les deux cas de morts guerrières et sanglantes. Faisant la part belle à la magie et aux faux espoirs dramatiques, la série télévisée Merlin (2008) écrite par Julian Jones montrait Arthur au chevet de son père.
C'est toutefois la version (française) de Robert de Boron que je cite plus bas, qui me paraît remarquable dans la mesure où écarte la violence et la trahison pour offrir au personnage une "belle mort", au sens chrétien.

Charles V le Sage : une régence de tous les dangers pour le futur roi

Préambule

La jeunesse du futur Charles V a été tumultueuse (voir ce 1er article) ! Il a failli mourir de la peste, son père Jean II a perdu deux batailles majeures (L’Écluse en 1340 et Crécy en 1346) et le royaume de France souffre de mille maux. De plus, deux grands nobles veulent enterrer sa dynastie valoise et découronner le roi Jean : Édouard III d’Angleterre et Charles « le Mauvais » de Navarre.
Dauphin de France, Charles a même comploté contre son père qui a dû utiliser la force pour rester au pouvoir. Devenu duc de Normandie, Charles n'est toutefois pas sorti du pétrin : il sera même à deux doigts d’abandonner le royaume ! Par la suite, il va miraculeusement réussir à esquiver les coups sans qu’il soit possible d’y voir une logique précise. À la mort de son père, le nouveau roi Charles V aura la peau dure.

Bataille de Poitiers


En 1356, le Prince Noir (fils aîné d’Édouard III) lance une nouvelle chevauchée [1] pour ravager le royaume de France. Après avoir fait la jonction avec l’armée de son frère, duc de Lancastre, l’héritier de la couronne anglaise voit fondre sur lui une armée française revancharde. Grâce à un mouvement d’encerclement agile, l’armée française réussit à bloquer l’armée anglaise qui se retranche à Nouaillé (tout proche de Poitiers) : la bataille est imminente.

peinture représentant la bataille de Poitiers avec Jean II
La bataille de Poitiers (1356) : cachez ces archers que je ne saurais voir...

Dès l’orée du jour, les meilleurs chevaliers du royaume de France sont lancés à l’attaque de manière tout à fait hasardeuse. Encore une fois, la fine fleur des chevaliers français est décimée par des archers anglais abrités derrière une haie. Jean a la présence d’esprit de faire partir ses fils le plus âgés (dont notre ami Charles de Normandie). Notre futur roi de France, Charles, en ressortira traumatisé des grandes batailles rangées (qu’il va désormais fuir comme la peste).

Brefs poèmes d'automne

Liminaire : souffle court en automne


J'ai déjà évoqué, brièvement, ma volonté de trouver dans certains poèmes, parfois même fragmentaires, une puissance narrative qui épuiserait en quelques vers le besoin (la mauvaise habitude ?) consistant à se raconter des histoires ou, ce qui est peut-être une erreur, à en raconter à d'autres.
Sans doute faut-il se méfier de la douce illusion du lecteur de fiction, trop avide de faire sens et ordre à partir de quelques images, d'en retirer pour lui-même quelque secrète vertu signifiante. Contre cette mauvaise habitude, le mot d'André Breton, cité par Sartre [1], avait valeur d'avertissement : "Quelqu'un disait devant Breton : "Saint-Pol Roux a voulu dire..." — Non, monsieur, tonna Breton : s'il avait voulu le dire, il l'aurait dit." 

Mais qu'il s'agisse du "Magicien" de Rilke, de citations de poèmes dans les comics américains, des Illuminations de Seamus Heaney ou des sonnets "Ozymandias" de Percy Shelley et d'Horace Smith, il est certain que la lecture de vers essouffle aisément pour moi toute velléité d'en lire plus, et bien entendu toute ma (maigre) volonté d'écrire de la prose est aussitôt abolie de crainte de tirer à la ligne et de m'assommer à coups de banalités : Breton, encore lui ! attribuait ainsi à Paul Valéry le rejet du roman sous prétexte que noircir des pages de phrases telles que : "La Marquise sortit à cinq heures." lui paraissait insupportable.

Or les marquises se doivent d'être en retard pour se faire désirer, et il arrive que je griffonne en attendant quelques vers de mon cru qui ne s'étendent guère au-delà de quelques respirations, puisqu'il faut se garder de se laisser entraîner trop loin par ses rêveries. Pour citer plaisamment Shakespeare dans Les deux gentilshommes de Vérone :

"Le lunatiquel'amant et le poète
Sont d'imagination trop confits."
Neil Gaiman et Charles Vess mettent en comics Shakespeare
Extrait de The Sandman: Dream Country, 1991, par Neil Gaiman (scénario) et  Charles Vess (dessin).

La jeunesse pourrie du roi Charles V le Sage

Préambule : Une naissance pile au mauvais moment


Né le 21 janvier 1338, Charles V est le premier roi d’une longue liste de souverains qui voient le jour pendant la guerre de cent ans.
Quelques semaines avant sa naissance, le roi Édouard III d’Angleterre avait franchi le Rubicon vis-à-vis du roi de France Philippe VI en le désignant : « Philippe de Valois, qui se dit roi de France »[1]. Un conflit plus que centenaire allait commencer et deux dynasties engager un combat à mort pour le trône de France.


Charles V, roi de France
Charles V est aujourd'hui appelé "le Sage" grâce à son règne de 1364 à 1380.
Petit fils du roi Philippe VI, le bébé Charles n’a pas encore conscience que son futur royaume est en train de plonger en plein cœur de l’abîme. Cette guerre n’est pas un conflit traditionnel, même à l’époque : ce sera une vraie guerre civile où les habitants du royaume de France s’entre-déchireront durablement. Après une très longue période de paix et de prospérité, la France va connaître une période d’immense instabilité où les villes vont redécouvrir l’utilité de construire des fortifications.

Rouille, conte noir de Floriane Soulas

Rouille, conte noir de Floriane Soulas

Liminaire

Comme je l'ai indiqué dans l'article le roman steampunk contre la tentation de l'immobilisme, consacré au roman Rouille, j'ai assez croisé la route de Floriane Soulas (et survécu !) pour que les lignes suivantes soient considérées comme tout à fait subjectives, et il faut s'attendre à de petits divulgâchis.
Rappelons que Rouille raconte l'histoire mouvementée de Violante, prostituée amnésique qui parcourt un Paris alternatif constitué de ruelles sordides, de bars malfamés, de jardins mécaniques, et bien sûr de la tour Eiffel dominant un vaste dôme sous lequel prospèrent les plus aisés.
Dans cet espace urbain divisé, la "rouille" est une drogue hautement addictive qui menace ce qu'on pourrait appeler le système sanguin de la ville, son équilibre social et moral : elle est le reflet monstrueux de la ville, bientôt menacée d'être dévorée.

La couverture de Rouille aux éditions Scrineo est d'Aurélien Police
Petite altération de la couverture d'Aurélien Police.

Rex machina


Formulons l'hypothèse que la rouille constitue une métaphore du déterminisme, dont l'exemple le plus évocateur dans le roman pourrait être la référence à Frankenstein. Floriane Soulas utilise ainsi les figures du savant fou et de la créature errant dans les égouts et les ruelles, son labyrinthe dont elle ne peut ni ne veut sortir.

Découvrir L'Incivilité des fantômes de Rivers Solomon, extrait des premières pages

Découvrir L'Incivilité des fantômes de Rivers Solomon, extrait des premières pages


Science-fiction, afrofuturisme et LGBTQ pour révéler le monde


Publié le 6 septembre 2019 aux éditions Aux Forges de Vulcain [1], L'incivilité des fantômes de Rivers Solomon, traduit de l'anglais (États-Unis) par Francis Guévremont, est un roman qui s'appuie sur l'histoire de l'esclavage aux États-Unis pour évoquer, par métaphore, le fait "de ne pas pouvoir s’échapper d’une situation invivable et inhumaine", selon les propres mots de l'auteur.
Cette métaphore prend très concrètement la forme d'un vaisseau spatial où les derniers survivants de l'humanité reproduisent des rapports de domination à la fois sociaux et racistes. Ce vaisseau, appelé le Matilda, est une allusion claire et assumée au Clotilda, dernier navire négrier des États-Unis. Il rattache le roman de Rivers Solomon à la science-fiction, bien sûr, mais plus particulièrement au courant de l'afrofuturisme : soit envisager l'avenir à partir des spécificités africaines ou afro-américaines.
Selon Marc Dery dans l'essai Black to the Future [2], l'afrofuturisme tend à
une fiction spéculative qui traite des thématiques afro-américaines […] dans le contexte de la technoculture du XXe siècle. […] Une sémantique afro-américaine qui s’empare d’une imagerie technologique et d’un futur prophétiquement augmenté
À ces enjeux s'ajoutent ceux de l'identité sexuelle et des communautés LGBTQ [3], puisque Solomon Rivers se revendique queer ou non-binaire, c'est-à-dire ne se sentant pas appartenir à un genre sexuel défini [4]. Dès les premières pages de la traduction, l'une des conséquences les plus immédiatement visibles pour le lecteur de L'incivilité des fantômes est l'utilisation du mot-valise iel (pour "il" et "elle") afin de désigner un personnage sans préciser son genre.

À crier dans les ruines d'Alexandra Koszelyk, citer pour témoigner

À crier dans les ruines d'Alexandra Koszelyk, citer pour témoigner


Liminaire 

Dans un précédent article, où on retrouvera le résumé du roman, j'ai évoqué à grands traits l'intertextualité présente dans le roman À crier dans les ruines d'Alexandra Koszelyk, publié aux éditions Aux Forges de Vulcain. Toujours en toute subjectivité (dans la mesure où je connais personnellement l'autrice et l'éditeur), voici à présent quelques réflexions sur les oeuvres qui sont non seulement mentionnées dans À crier dans les ruines, mais qui en plus ont la caractéristique d'être citées, et ce plus ou moins longuement.

La couverture du roman d'Alexandra Koszelyk est signée Elena Vieillard
À la cueillette aux citations !


Droit de citer

Seules quelques oeuvres en effet apparaissent sous la forme de citations. Elles sont chaque fois amenées par les lectures de Léna, grâce à un petit jeu de mise en abyme (le lecteur d'À crier dans les ruines suit les lectures d'un personnage !), et elles font logiquement écho aux émotions de la protagoniste. Les citations sont en tout cas révélatrices de son évolution, de ses moments de doute ou de prise de conscience.

À crier dans les ruines d'Alexandra Koszelyk, Léna et l'amour de la littérature

À crier dans les ruines d'Alexandra Koszelyk, Léna et l'amour de la littérature


Liminaire 

À crier dans les ruines d'Alexandra Koszelyk est le roman français de la "rentrée littéraire 2019" des éditions Aux Forges de Vulcain, roman finaliste du prix Stanislas et sélection Jeunes Talents 2019 des librairies Cultura. Dans la mesure où l'auteur de ces lignes est lui-même affilié aux Forges, les quelques réflexions suivantes ne peuvent prétendre à aucune objectivité, d'autant que j'ai eu plus d'une fois l'occasion d'échanger avec l'autrice.

J'évoquerai dans un premier article l'intertextualité abondante du roman, d'abord d'une façon assez générale, avant de proposer quelques pistes plus spécifiques dans un deuxième article.

Résumé de l'éditeur


Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan sont deux adolescents qui s’aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C’est alors qu’un incendie, dans la centrale nucléaire, bouleverse leur destin. Les deux amoureux sont sépares. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu’Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s’éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena grandit dans un pays qui n’est pas le sien. Elle s’efforce d’oublier. Un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver ce qu’elle a quitté vingt ans plus tôt.


La couverture d'À crier dans les ruines d'Alexandra Koszelyk est due à Elena Vieillard
La couverture du roman est due à Elena Vieillard.

De l'école à la Sorbonne, de Paris à Kiev en passant par l'Italie, le personnage de Léna est fasciné par les histoires sous toutes leurs formes, écrites ou orales. Ces histoires lui permettent peu à peu de composer la sienne en écho à l'Histoire dont elle est témoin, et dont les jalons les plus retentissants sont la catastrophe de Tchernobyl le 26 avril 1986, la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 et l'effondrement du bloc soviétique en 1991.
Relever les oeuvres mentionnées par Alexandra Koszelyk, toujours en association avec Léna, c'est donc refaire avec elle le parcours d'une éducation et d'une psychologie, ainsi que constater comment l'intertextualité produit des effets d'échos et de renvois qui poursuivent, au-delà même du roman, la quête de sens que partage le lecteur avec la protagoniste.

Rouille de Floriane Soulas, le roman steampunk contre la tentation de l'immobilisme

Rouille de Floriane Soulas, le roman steampunk contre la tentation de l'immobilisme

Liminaire

Publié en mai 2018 aux éditions Scrineo et en poche Pocket depuis mars 2020, Rouille de Floriane Soulas est présenté comme un roman steampunk, genre qui réinvente peu ou prou la Belle époque en y insérant, en l'occurrence, des éléments de science-fiction. Le livre a connu un certain succès, marqué notamment par un "coup de cœur des Imaginales" et l'attribution du Prix Imaginales des lycéens pour l'année 2019... et le lecteur curieux pourra écouter l'autrice présenter le roman avec ses propres mots dans cette vidéo. On pourra également découvrir sa chaîne youtube, où elle expose ses expériences de lecture et d'écriture, ou encore la contacter par le biais des différents réseau sociaux.
C'est d'ailleurs d'abord sur twitter que Floriane Soulas a eu l'amabilité d'écrire quelques phrases chaleureuses au sujet de mes écrits, ce qui nous a amenés à discuter et de fil en aiguille à échanger quelques verres (de thé) pour refaire la vie, l'univers et le reste.
Tout cela pour signaler qu'il ne faut s'attendre à aucune objectivité de ma part dans le propos qui suit, et qui contiendra quelques menus divulgâchis.

Résumé de l'éditeur

Paris, 1897.
De nouveaux matériaux découverts sur la Lune ont permis des avancées scientifiques extraordinaires. Mais tout le monde n'en profite pas ! En dehors du Dôme qui protège le centre urbain riche et sophistiqué, le petit peuple survit tant bien que mal. C'est dans une maison close sur l'un des faubourgs malfamés qu'a échoué Violante, prostituée sans mémoire. Alors qu'elle se démène pour trouver son identité dans un monde dominé par les hommes et les puissantes, sa meilleure amie disparaît dans d'atroces circonstances. Contre la raison, la jeune femme décide de prendre part aux investigations...

À noter, le résumé de quatrième de couverture de l'édition du grand format 2018 est différent de celui qui est fourni sur le site de l'éditeur.

La couverture du roman Rouille (Scrineo) de Floriane Soulas est illustrée par Aurélien Police
La couverture du grand format est illustrée par Aurélien Police.

Le défilé interdit du 11 novembre 1943 des résistants d'Oyonnax

Trois actions glorieuses de l'armée française pendant la Seconde Guerre mondiale (3/3)

Transition


Alors que la 2nde guerre mondiale passe pour être une période honteuse pour notre pays, nous avons déjà vu que cette idée est à nuancer. Déjà, lors de la débâcle même, certains soldats brillèrent de bravoure comme à Saumur où les nazis furent tenus en respect. Ensuite, nous avons vu que la bataille de Bir Hakeim signe la renaissance définitive de l'armée française avec l'héroïque général Koenig qui tint tête au farouche nazi Rommel. Nous allons maintenant aborder l'héroïsme des résistants en abordant le cas du 11 novembre 1943.

Oyonnax rend hommage au défilé du 11 novembre 1943
Un défilé sous forme de reconstitution historique lors du 70ème anniversaire du défilé du 11 novembre 1943 à Oyonnax.



Les actions de la résistance ont été multiples pendant la guerre : espionnage, sabotage, assassinats ciblés... Lors de cet article, nous aborderons en détails le cas du défilé du 11 novembre 1943. Alors que tout commémoration de la "grande guerre" est proscrite pendant l'occupation, quelques héros osent braver l'interdit. Cela constituera un symbole des luttes maquisards pendant la guerre, grâce à ceux, la France a pu retrouver ses couleurs.

La résistance de Koenig face à l'Afrikakorps de Rommel à Bir Hakeim en 1942

Trois actions glorieuses de l'armée française pendant la Seconde Guerre mondiale (2/3)

Nous ne tenons pas Bir-Hakeim pour Austerlitz. Mais Bir-Hakeim, comme le premier combat de Jeanne d’Arc à Orléans, a été la preuve que la France n’était pas morte.

André Malraux, cité par Le Monde, 12 juin 1982

Transition

Pendant cet article, nous évoquerons les « FFL » de De Gaulle qui combattirent à Bir Hakeim.
Dans l'article précédent, nous rappelions le courage des cadets de Saumur le 18 juin 1940.
Un dernier article abordera un coup d'éclat de la résistance jurassienne, le 11 novembre 1943.

L’armée est défaite, les soldats fuient en masse : la France militaire est à l'agonie en 1940. C'est à partir de cette date que des siècles de gloire vont être lentement mis de côté. Nos anciens alliés anglais nous regardent avec stupeur ; nos ex-futurs-ex alliés étasuniens nous regardent avec mépris. Ceux-ci envisagent de créer un protectorat militaire en France si les nazis sont battus.
Et pourtant, dès 1942, l'armée française libre du général de Gaulle va nous sauver la mise.

Bir Hakeim va lancer, et symboliser, un « redorage du blason » français.



Koenig est honoré par une sculpture à Caen
À Caen, le courage du général français Koenig est célébré.

L'héroïsme des cadets de Saumur pendant la débâcle de 1940

Trois actions glorieuses de l'armée française pendant la Seconde Guerre mondiale (1/3)



Préambule

Vainqueur de la « grande guerre », l’armée française est auréolée d’une gloire infinie pendant l’entre-deux-guerres (1918-1939). On la considère même comme la meilleure armée du monde (classement aussi sérieux que celui de la « personnalité préférée des français ») ! Généralissime de toutes les forces alliées en 1918, le maréchal Foch [1] incarne le courage et le génie militaire français dans une époque où nombreux souhaitent avoir vécu la « der des ders ». Un triste chant du cygne pour notre nation…
Le 10 mai 1940, tout s’écroule comme un château de cartes : la France est prise à revers par une offensive massive dans les Ardennes. L’État-major français, assuré de sa supériorité, a conservé les réflexes de 1918 alors que la guerre moderne est en train de naître. Maurice Gamelin, généralissime des Forces armées françaises, a tout misé tout sur l’infanterie et pense que la France est protégée derrière la célèbre ligne Maginot. À l’inverse, elle est vulnérable aux attaques combinées des chars et avions allemands, testés en Espagne et en Pologne.

la ligne Maginot inutile face à l'armée allemande
Ah!.. Cette bonne vieille ligne Maginot ! Les roses plantées par les français y étaient sublimes !
Au fil de notre propos, nous ne tenterons pas de redorer le blason de l’État-major français : honte à ces fossoyeurs de la nation (!). À l’inverse, nous allons rappeler que l’ « esprit français », nullement racial mais né de l’alliage des meilleurs autour d’un idéal, n’est pas mort pendant la Seconde Guerre mondiale et que nos compatriotes peuvent regarder le passé sans peur et sans reproche. Non ! Nos aïeux n’étaient pas des couards (enfin pas tous, et puis merde, je voudrais bien vous y voir sous les bombardements des stukas et le feu nourri des panzers) !

Faut-il rester (tout le temps) dans son canapé comme Oblomov ?

Que faire de son temps ? Comment en dépenser les minutes, les heures et les jours que l’on sait si précieux ? Faut-il agir, se déployer intégralement, jusqu’à épuiser, vider, siphonner tout ce que la fortune garde en ses greniers ? Ou vaut-il encore mieux ne rien faire, ou si peu, allongé dans un divan confortable, à l’abri, léger de voir les hommes cramoisis d’action, sauter comme des puces, comme se débattant au prix de mille efforts contre un repos qu’ils ne savent apprécier ? Ilya Ilitch Oblomov a son idée là-dessus, et elle vaut le détour.
La couverture d'Oblomov de Gontcharov montre un homme dans son canapé
Source

Ilya Ilitch Oblomov, c’est le personnage d’un classique de la littérature russe : Oblomov d'Ivan Gontcharov. Curieusement assez peu connu en France, il s’agit pourtant d’un livre rare, car il est de ces livres qui labourent, exhument de la glaise des questions enterrées en douce par notre inconscient, et tout cela, l’air de rien, comme en passant, dans l’aigre-doux du souffle poétique génial qui porte la mince intrigue du livre : Ilya Ilitch Oblomov, petit seigneur russe de la fin du XIXe siècle, cultive l’art de ne rien faire, confortablement installé dans le divan de son appartement de Saint-Pétersbourg. Prince de la procrastination, maître du « mañana », héros de l’assoupissement du dimanche après-midi, Oblomov a choisi : il ne veut rien faire. Ça tombe bien, il ne peut rien faire non plus. 

Représenter Dieu, la particularité catholique

Représentation de Dieu dans l'église catholique, refus de l'interdiction



Préambule

En ces temps troublés par un renouveau des conflictualités religieuses, rappelons que Dieu est une figure unificatrice pour nos trois grands monothéismes. En effet, quelle que soit la façon dont il est prié, le Dieu unique des juifs, chrétiens ou musulmans est le même. Seule la langue utilisée change : l’hébreu pour Yahvé, le latin pour Dieu et l’arabe pour Allah. Chaque fidèle partage – parfois sans le savoir – des croyances avec des fidèles d’une autre religion. De nombreux points communs existent mais sans oublier les fractures dogmatiques. [1]

Dans tous les monothéismes, la question de la représentation de Dieu s’est posée et souvent pour s’y opposer. En Islam, la représentation d’Allah et de Mahomet est largement interdite aujourd’hui [2] ; chez les juifs ou les protestants, les synagogues et les temples n’ont rien à voir avec les églises catholiques : les images sont très peu nombreuses. Cette interdiction a pour objectif de tracer une frontière infranchissable entre le terrestre et le spirituel tout en luttant contre l’« idolâtrie ».

chapelle Sixtine de Michel-Ange
Au Vatican, Michel-Ange a tout loisir de peindre un Dieu dont les sentiments pour son fils sont quasiment palpables.
Chez les catholiques, l’image de Jésus est, à l’inverse, omniprésente : les scènes de la Passion rythment les pas des visiteurs de cathédrales avec l’omniprésence de la crucifixion. Les rois occidentaux, et de France notamment, sont entourés de ces représentations destinées à les inspirer dans leur règne. Cependant, Dieu, père de Jésus pour les catholiques, n’est pas non plus exclu des représentations. Tout le monde a en tête l’image d’un Dieu – forcément un homme – très âgé et la barbe longue.

Comment cette image de Dieu le père s’est-elle imposée dans le monde occidental ? Pourquoi le catholicisme est-il le seul courant monothéiste à représenter Dieu sous des traits si humains ?

Les Furtifs d'Alain Damasio, cohérence et continuité

Les Furtifs d'Alain Damasio, cohérence et continuité 


Il faut bien sûr avoir lu les précédents ouvrages d'Alain Damasio pour être frappé, à la lecture des Furtifs, dès les premières pages, par la familiarité que l'on peut ressentir avec l'espace littéraire désormais apprivoisé, cohérent, du romancier, la constance de ses choix, de ses ambitions. C'est banalité, truisme peut-être, de dire que Les Furtifs constitue le plus damasien de tous les monstres damasiens... Et pourtant. Quelques pages suffisent pour retrouver, même quinze ans après, la couleur caractéristique de la littérature de Damasio, couleur qui atteint son paroxysme... dès la scène d'entrée.

On se prend alors à reposer le livre quelques minutes, à observer plus en détail la couverture, superbe, de Stéphanie Aparicio, à respirer un grand coup, à faire naître un peu d'attente avant de se lancer dans cette odyssée en terre connue, qui occupera les prochaines heures libres que le grand complexe techno-libéral a bien voulu nous laisser...


Aux sources de la métaphysique (4/4) : Aristote

Aux sources de la métaphysique (4/4) : Aristote 


En tranchant le nœud gordien de la discorde Héraclite/Parménide, Platon fit faire à la philosophie un bond de géant. Le dualisme platonicien avait réponse à tout et permettait d’unifier tout un système de pensée logique. Mais, cependant qu’il sautait entre les cimes, un autre nœud se nouait à son insu.

Quel lien en effet lie le monde sensible, toujours changeant, au monde des Idées, immuable, dont il est issu ? Si je vois que tout change autour de moi « physiquement » et que malgré tout je sais qu’il est nécessaire qu’il y ait de l’immobile abstrait, comment puis-je articuler ces deux nécessités autrement qu’en dédoublant (finalement assez grossièrement) les choses ?

Voilà que survient Aristote, élève de Platon et ouvrier final de la métaphysique occidentale. Celui qu'on appelait parfois le Stagirite (de Stagire, ville de Thrace) va polir la théorie de son maître, la rendre plus congruente avec la logique. Voici comment il va s’y prendre. 


Aristote dans L'École d'Athènes de Raphaël
Source Aristote ramène la paix dans le game dans le plus grand des calmes.




Trois coracles cinglaient vers le couchant d'Alex Nikolavitch, refaire l'histoire

Trois coracles cinglaient vers le couchant d'Alex Nikolavitch, le mythe arthurien et empire romain


Liminaire


Parmi les hautes figures mythiques qui me font toute une compagnie avec laquelle me débattre en fiction, les chevaliers de la Table ronde ont une place de choix. Dans la mesure du possible, car elles sont légion, c'est avec curiosité que je me penche sur les oeuvres qui les concerne et que j'assiste à leur constante métamorphose.

Alex Nikolavitch, dont l'érudition en matière de comics fait mes délices, publie ainsi chez "les moutons électriques" un roman arthurien intitulé, moins énigmatiquement qu'il n'y paraît [1], Trois coracles cinglaient vers le couchant.

Hasard ou effet de la noosphère, il se trouve que l'auteur y raconte à sa façon les aventures d'Uther dit Pendraig, autrement connu sous le nom d'Uther Pendragon et comme père du roi Arthur.

Lecteur lui-même de "mon" Uter Pandragon, Alex Nikolavitch a eu la gentillesse de me faire parvenir un exemplaire de son roman (il est inutile alors d'attendre de ma part une approche objective). Voici donc une occasion de lancer quelques pistes de réflexion sur sa vision du mythe arthurien et d'entamer un dialogue de longue haleine.

On verra l'auteur présenter sa démarche avec ses propres mots dans la vidéo suivante (à partir 23:10) :



Résumé de quatrième de couverture :

Trois coracles cinglaient vers le couchant. À leur bord, Uther, un chef de guerre de l'île de Bretagne, et ses compagnons de toujours.

Leur destination, une île au bout de la mer, là où dit-on vivent les fées et les morts. Que va-t-il chercher si loin des terres habitées par les hommes ? Uther sait-il seulement qu'il va enfanter d'une légende destinée à traverser les siècles ?


L’étrange ascension du jeune Benito Mussolini durant l'entre-deux-guerres

Mussolini et la montée du fascisme


Préambule

Sortie victorieuse de la Première Guerre mondiale, l’Italie a connu une sortie de guerre difficile. Un spleen italien s’est développé, pleurant des territoires non obtenus lors des traités de paix. Cette histoire, forcément intéressante, nous l’avons abordée dans un précédent article.

Celui-ci portait sur la période préfasciste où le pays a vu l’émergence d’un courant politique autoritaire. Lorsque l’on met en cause les traités de paix, on pense souvent à l’Allemagne nazie, mais c’est en Italie que le germe fasciste est né.

Portrait de Mussolini en 1900
En 1900, ce jeune Benito a l'air tout à fait recommandable : en réalité il file déjà un mauvais coton...

Friand de connaissances, nous continuons ici notre quête de sens vers la compréhension du fascisme historique. Celle-ci nous mène à la figure principale du mouvement, son créateur, Mussolini.

Ce n’est pas le « Duce » glorifié par deux décennies de propagande qui nous intéresse mais le jeune Benito, né en 1883 à côté de Bologne. Pétri de marxisme dans sa jeunesse, il va connaître un retournement total pendant la première guerre mondiale. Pire, après avoir créé la milice fasciste en 1919, Benito devient le chouchou d’une certaine élite italienne qui a peur d’une « révolution rouge » en Italie.

Comment un militant marxiste radical a-t-il pu devenir le bouclier de la bourgeoisie italienne et ainsi prendre le pouvoir dans un pays au bord de la guerre civile ?

État de nature de Jean-Baptiste de Froment, natures humaines


État de nature - natures humaines ?


On ne sait toujours pas, au juste, en refermant le livre de Jean-Baptiste de Froment, à quoi cet état de nature que l'auteur a choisi comme titre peut faire précisément référence. Il ne peut s'agir d'une simple allusion à cette fiction utilisée par Jean-Jacques Rousseau pour mesurer le degré de corruption des sociétés modernes – ce texte, en effet, ne porte en lui ni nostalgie ni espoir.

Il ne peut non plus se réduire à la simple description du lieu central du roman, la Douvre-intérieure, département rural et sauvage où semble couver une renaissance "verte".

Il serait également insuffisant de se contenter d'y voir l'évocation d'une nature humaine, intimement incarnée par ces personnages ivres de pouvoir et n'ayant d'autre but en tête qu'en posséder plus encore, bref, d'une nature où l'homme est un loup pour l'homme.

Couverture d'Etat de nature de Jean-Baptiste Froment, par Elena Vieillard
État de nature, aux Forges de Vulcain [1]
Cet état de nature ne saurait pas plus caractériser ces "geeks alter-mondialistes", sorte de zadistes pro-compteur Linky prônant un retour enjoué à un statut proche du chasseur-cueilleur, le tout sécurisé par les percées scientifiques et de lourds travaux d'infrastructures pour faire passer la fibre optique dans le moindre patelin.

Et j’abattrai l’arrogance des tyrans de Marie-Fleur Albecker, solitude de la prophétesse


Et j’abattrai l’arrogance des tyrans de Marie-Fleur Albecker, solitude de la prophétesse


Liminaire

Peut-être suis-je biaisé, mais il ne me semble pas faire un pari risqué à dire que la figure du révolté, culturellement, est plutôt sympathique et populaire. Je n'ai qu'à fermer les yeux pour que bondisse le James Dean de Rebel Without a Cause, que Robin des bois tombe d'un arbre ou Gavroche le nez dans un ruisseau.

Encore s'agit-il de représentant masculins, même si, spécificité française ? une Marianne au sein nu continue de guider le peuple  il me plaît d'y voir un renversement symbolique de l'image du dieu ou du héros qui poursuit la femme-proie.

Sans doute aimons-nous plus le mythe de la révolution que ses manifestations concrètes et ses errances ; sans doute, animaux raisonnables et un poil sophistes, nous figurons-nous que nous serions prêts nous aussi à monter sur quelque barricade glorieuse à condition que la cause fût juste et, naturellement, à la hauteur de notre intelligence pénétrante.

Or, et c'est une leçon de George Orwell, de sa novlangue et de ses cochons "égalitaires", le ver est dans le fruit du discours qui promet des lendemains qui chantent. Le serpent diabolique a la langue trop bien pendue pour ne pas susciter la méfiance (l'intrus de Roger Corman en sait quelque chose !).

Aussi les révoltes qu'elle paraissent douces ou violentes sont-elles l'occasion de tensions entre, d'une part, les orateurs qui s'efforcent de construire un mythe unifiant et moteur de l'action, et d'autre part les acteurs que les discours stimulent ou irritent rapidement. Les uns et les autres peuvent échanger leurs rôles, certes, mais la tension demeure.

Ce qui fait tenir une révolte, ou un état tout aussi bien, tient peut-être à un cheveu ou à un acte de foi, ce dernier permettant à l'individu d'entretenir au cœur de la multitude un mirage qui le motive. Le problème, bien entendu, c'est qu'il n'y a pas de "der des ders", et qu'on survit aux guerres mondiales comme aux révolutions qui échouent.

Il se pourrait bien qu'échecs et désastres méritent eux aussi leur discours.

Marie-Fleur Albecker, Et j'abattrai l'arrogance des tyrans, Aux Forges de Vulcain, couverture
Bart Simpson se cache dans cette image de couverture, le trouveras-tu ?