Thomas Spok et compagnie: janvier 2019

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Comment un pays rentre dans le Moyen Âge, l’exemple du Japon

Comment un pays rentre dans le Moyen Âge : l’exemple du Japon


Par J. Desjardins

Préambule :

« Les Japonais sont comme nous, sauf qu’ils ne connaissent pas Dieu ». C’est ainsi que se concluait le rapport d’Alexandre Valignano, jésuite envoyé en mission au Japon (1) Le missionnaire décrivait le Japon comme « un monde à l’envers » ; les Japonais avaient certes des coutumes barbares, comme le fait de compter les têtes des ennemis vaincus, mais leur organisation sociale ressemblait à s’y méprendre à celle de l’Occident. Des liens de vassalité unissaient les guerriers à leurs seigneurs, qui vivaient dans des manoirs fortifiés. 

Les Européens sont dans un terrain qui leur semble plus familier que la Chine, ou les civilisations découvertes en Amérique. Il ne faut pas être naïf cependant, si Alexandre Valignano insiste sur cette ressemblance, c’est aussi parce qu’il veut convaincre le pape d’envoyer des missions afin de convertir ce pays, entreprise qu’on lui assure facile du fait de la proximité culturelle du Japon.

Là où c’est intéressant, c’est que l’expression de Valignano « monde à l’envers » existe aussi en japonais. Elle est cependant bien plus négative et fait référence à une période où les liens hiérarchiques sont complètement bouleversés, le paysan se révolte, le vassal n’obéit plus à son seigneur, la légitimité de l’ordre confucéen semble être remise en question.

L’Italie préfasciste pendant la Première Guerre mondiale


L’Italie préfasciste pendant la Première Guerre mondiale


Préambule : l’Italie préfasciste


Le terme « fascisme » fait partie de la longue liste des mots les plus galvaudés de la langue française. L’insulte « facho » a été utilisée à tellement de reprises que l’expression a lentement perdu tout son sens. Pourtant, sa réalité historique est claire : le fascisme est une expérience politique autoritaire, née en Italie en 1922 et se poursuivant jusqu'en 1945. Celui-ci a pu servir d’exemple à d’autres régimes (cf Hitler ou Franco) mais l’origine du terme est claire : le « fasco » – faisceau en français –  des milices de Mussolini a donné le mot « fascimo ».

Pendant ce 1er chapitre consacré au fascisme, nous allons tenter de comprendre l’apparition du fascisme en Europe en remontant le temps jusqu’à la première guerre mondiale, matrice de mille maux. À la lecture du très instructif Atlas de la 1ère guerre mondiale de C. CLAVEL, le rôle de l’Italie pendant le conflit m’a largement intrigué. Neutres en 1914, les Italiens ne s’engagent avec l’Entente qu’avec des regards appuyés vers les « Terres irrédentes » qu’ils convoitent. Leur présence dans le camp des vainqueurs à la fin du conflit apparaît donc quelque peu miraculeuse et pourtant : l’Italie finit dans le cercle très fermé des quatre grands vainqueurs de la guerre avec son voisin français, les Britanniques et les États-Unis.

Orlando présent au traité de Versailles 1919
Vittorio Emmanuel ORLANDO est devenu président du conseil des ministres italien après trois ans de guerre (29 octobre 1917). Il fut l'un des quatre "grands hommes" lors des négociations du traité de Versailles en 1919.

Fait très surprenant, c’est dans un pays vainqueur que va naître le fascisme, et ce dès 1919.