État de nature de Jean-Baptiste de Froment, natures humaines


État de nature - natures humaines ?


On ne sait toujours pas, au juste, en refermant le livre de Jean-Baptiste de Froment, à quoi cet état de nature que l'auteur a choisi comme titre peut faire précisément référence. Il ne peut s'agir d'une simple allusion à cette fiction utilisée par Jean-Jacques Rousseau pour mesurer le degré de corruption des sociétés modernes – ce texte, en effet, ne porte en lui ni nostalgie ni espoir.

Il ne peut non plus se réduire à la simple description du lieu central du roman, la Douvre-intérieure, département rural et sauvage où semble couver une renaissance "verte".

Il serait également insuffisant de se contenter d'y voir l'évocation d'une nature humaine, intimement incarnée par ces personnages ivres de pouvoir et n'ayant d'autre but en tête qu'en posséder plus encore, bref, d'une nature où l'homme est un loup pour l'homme.

Couverture d'Etat de nature de Jean-Baptiste Froment, par Elena Vieillard
État de nature, aux Forges de Vulcain [1]
Cet état de nature ne saurait pas plus caractériser ces "geeks alter-mondialistes", sorte de zadistes pro-compteur Linky prônant un retour enjoué à un statut proche du chasseur-cueilleur, le tout sécurisé par les percées scientifiques et de lourds travaux d'infrastructures pour faire passer la fibre optique dans le moindre patelin.

Et j’abattrai l’arrogance des tyrans de Marie-Fleur Albecker, solitude de la prophétesse


Et j’abattrai l’arrogance des tyrans de Marie-Fleur Albecker, solitude de la prophétesse


Liminaire

Peut-être suis-je biaisé, mais il ne me semble pas faire un pari risqué à dire que la figure du révolté, culturellement, est plutôt sympathique et populaire. Je n'ai qu'à fermer les yeux pour que bondisse le James Dean de Rebel Without a Cause, que Robin des bois tombe d'un arbre ou Gavroche le nez dans un ruisseau.

Encore s'agit-il de représentant masculins, même si, spécificité française ? une Marianne au sein nu continue de guider le peuple  il me plaît d'y voir un renversement symbolique de l'image du dieu ou du héros qui poursuit la femme-proie.

Sans doute aimons-nous plus le mythe de la révolution que ses manifestations concrètes et ses errances ; sans doute, animaux raisonnables et un poil sophistes, nous figurons-nous que nous serions prêts nous aussi à monter sur quelque barricade glorieuse à condition que la cause fût juste et, naturellement, à la hauteur de notre intelligence pénétrante.

Or, et c'est une leçon de George Orwell, de sa novlangue et de ses cochons "égalitaires", le ver est dans le fruit du discours qui promet des lendemains qui chantent. Le serpent diabolique a la langue trop bien pendue pour ne pas susciter la méfiance (l'intrus de Roger Corman en sait quelque chose !).

Aussi les révoltes qu'elle paraissent douces ou violentes sont-elles l'occasion de tensions entre, d'une part, les orateurs qui s'efforcent de construire un mythe unifiant et moteur de l'action, et d'autre part les acteurs que les discours stimulent ou irritent rapidement. Les uns et les autres peuvent échanger leurs rôles, certes, mais la tension demeure.

Ce qui fait tenir une révolte, ou un état tout aussi bien, tient peut-être à un cheveu ou à un acte de foi, ce dernier permettant à l'individu d'entretenir au cœur de la multitude un mirage qui le motive. Le problème, bien entendu, c'est qu'il n'y a pas de "der des ders", et qu'on survit aux guerres mondiales comme aux révolutions qui échouent.

Il se pourrait bien qu'échecs et désastres méritent eux aussi leur discours.

Marie-Fleur Albecker, Et j'abattrai l'arrogance des tyrans, Aux Forges de Vulcain, couverture
Bart Simpson se cache dans cette image de couverture, le trouveras-tu ?

George Washington contre les Franco-Canadiens pendant la Guerre de sept ans

La jeunesse de George Washington pendant la "Guerre de Sept Ans" ou pourquoi le 1er président américain est responsable d’une guerre mondiale 2/2


Préambule

Voici donc la suite de l'article consacré à la jeunesse de George Washington.

Nous étions restés en haleine après "l'affaire de Jumonville". Le jeunot George Washington avait attaqué une mission diplomatique française avec l'appui de dizaines de miliciens et apparaissait pour la première fois dans l'Histoire, mais par une porte sanglante.

Un premier « 4 juillet » honteux


Ce « crime » anglais ne restera pas impuni. La milice coloniale américaine doit payer pour avoir visé un homme au drapeau blanc. De son côté, Washington nie tout en bloc, arguant le risque d’ « espionnage » de Jumonville (un espion plutôt médiocre, alors !).

Le 28 juin 1754, Louis Coulon de Villiers est envoyé pour châtier George le Virginien avec quelques 600 soldats français. À peine un mois après « l’affaire Jumonville », alors que l’Europe est ivre de paix, les Français d’Amérique vont mettre le doigt dans un engrenage qui les mènera à leur perte (car oui ça finit mal pour eux à la fin)...

George Washington a défendu le fort Necessity
Voici une reconstitution du glorieux fort Necessity, premier ouvrage militaire du génial Washington.
Retiré non loin de là avec ses troupes à Great Meadows, Washington est informé de la menace française : il tente d’organiser une défense en construisant un petit fortin : c’est le fort Necessity.