L'héroïsme des cadets de Saumur pendant la débâcle de 1940

Trois actions glorieuses de l'armée française pendant la Seconde Guerre mondiale (1/3)



Préambule

Vainqueur de la « grande guerre », l’armée française est auréolée d’une gloire infinie pendant l’entre-deux-guerres (1918-1939). On la considère même comme la meilleure armée du monde (classement aussi sérieux que celui de la « personnalité préférée des français ») ! Généralissime de toutes les forces alliées en 1918, le maréchal Foch [1] incarne le courage et le génie militaire français dans une époque où nombreux souhaitent avoir vécu la « der des ders ». Un triste chant du cygne pour notre nation…
Le 10 mai 1940, tout s’écroule comme un château de cartes : la France est prise à revers par une offensive massive dans les Ardennes. L’État-major français, assuré de sa supériorité, a conservé les réflexes de 1918 alors que la guerre moderne est en train de naître. Maurice Gamelin, généralissime des Forces armées françaises, a tout misé tout sur l’infanterie et pense que la France est protégée derrière la célèbre ligne Maginot. À l’inverse, elle est vulnérable aux attaques combinées des chars et avions allemands, testés en Espagne et en Pologne.

la ligne Maginot inutile face à l'armée allemande
Ah!.. Cette bonne vieille ligne Maginot ! Les roses plantées par les français y étaient sublimes !
Au fil de notre propos, nous ne tenterons pas de redorer le blason de l’État-major français : honte à ces fossoyeurs de la nation (!). À l’inverse, nous allons rappeler que l’ « esprit français », nullement racial mais né de l’alliage des meilleurs autour d’un idéal, n’est pas mort pendant la Seconde Guerre mondiale et que nos compatriotes peuvent regarder le passé sans peur et sans reproche. Non ! Nos aïeux n’étaient pas des couards (enfin pas tous, et puis merde, je voudrais bien vous y voir sous les bombardements des stukas et le feu nourri des panzers) !

Faut-il rester (tout le temps) dans son canapé comme Oblomov ?

Que faire de son temps ? Comment en dépenser les minutes, les heures et les jours que l’on sait si précieux ? Faut-il agir, se déployer intégralement, jusqu’à épuiser, vider, siphonner tout ce que la fortune garde en ses greniers ? Ou vaut-il encore mieux ne rien faire, ou si peu, allongé dans un divan confortable, à l’abri, léger de voir les hommes cramoisis d’action, sauter comme des puces, comme se débattant au prix de mille efforts contre un repos qu’ils ne savent apprécier ? Ilya Ilitch Oblomov a son idée là-dessus, et elle vaut le détour.
La couverture d'Oblomov de Gontcharov montre un homme dans son canapé
Source

Ilya Ilitch Oblomov, c’est le personnage d’un classique de la littérature russe : Oblomov d'Ivan Gontcharov. Curieusement assez peu connu en France, il s’agit pourtant d’un livre rare, car il est de ces livres qui labourent, exhument de la glaise des questions enterrées en douce par notre inconscient, et tout cela, l’air de rien, comme en passant, dans l’aigre-doux du souffle poétique génial qui porte la mince intrigue du livre : Ilya Ilitch Oblomov, petit seigneur russe de la fin du XIXe siècle, cultive l’art de ne rien faire, confortablement installé dans le divan de son appartement de Saint-Pétersbourg. Prince de la procrastination, maître du « mañana », héros de l’assoupissement du dimanche après-midi, Oblomov a choisi : il ne veut rien faire. Ça tombe bien, il ne peut rien faire non plus.